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Budget et financement

Frais de notaire dans le neuf : le calcul exact

Dans le neuf, les frais d'acquisition tournent autour de 2 à 3 % du prix, contre 7 à 8 % dans l'ancien. Voici ce qu'ils couvrent, avec un exemple chiffré.

On parle de frais de notaire, mais l''expression est trompeuse. La plus grande partie de ces frais ne revient pas au notaire. Ce sont des taxes collectées pour le compte de l''État et des collectivités, auxquelles s''ajoutent des débours et une rémunération réglementée.

Dans le neuf, le total se situe en général entre 2 et 3 % du prix de vente. Dans l''ancien, il se situe entre 7 et 8 %. L''écart vient de la fiscalité applicable, pas d''une faveur commerciale.

Pourquoi l''écart entre neuf et ancien

Une vente dans l''ancien est soumise aux droits de mutation à titre onéreux. Ces droits représentent l''essentiel des 7 à 8 %. Ils se répartissent entre le département, la commune et l''État.

Une vente en VEFA est soumise à la TVA, déjà incluse dans le prix affiché. Le bien ne peut pas supporter deux fois la même logique de taxation, donc les droits de mutation sont réduits à une taxe de publicité foncière au taux réduit. C''est cette réduction qui fait passer la facture de 7 % à environ 2,5 %.

Autrement dit, vous ne payez pas moins d''impôt dans le neuf. Vous le payez autrement, à l''intérieur du prix, par la TVA.

Ce que couvrent réellement ces frais

Quatre postes composent le total.

Les droits et taxes constituent le poste principal. Dans le neuf, la taxe de publicité foncière au taux réduit s''élève à 0,715 % du prix hors taxe, à laquelle s''ajoute la contribution de sécurité immobilière de 0,10 %.

Les émoluments du notaire sont réglementés par un barème national, par tranches dégressives. Sur un logement de quelques centaines de milliers d''euros, ils représentent un peu plus de 0,8 % du prix, auxquels s''ajoute la TVA à 20 %.

Les débours correspondent aux sommes avancées par le notaire pour votre compte : demandes de documents d''urbanisme, état hypothécaire, frais de cadastre, publication au service de la publicité foncière. Ils se comptent en centaines d''euros.

Les frais liés au prêt viennent en supplément si vous financez par emprunt. La garantie du prêt, hypothèque ou caution, se règle à part. Une caution mutuelle représente souvent 1 à 1,5 % du montant emprunté, avec une part restituable en fin de crédit.

Exemple chiffré sur un bien à 300 000 €

Prenons un appartement neuf vendu 300 000 € TTC, sans parking séparé, financé par un prêt de 250 000 € garanti par une caution.

La taxe de publicité foncière au taux réduit s''applique sur le prix hors taxe. À 300 000 € TTC, le prix hors taxe est d''environ 250 000 €. La taxe s''élève donc à environ 1 790 €.

La contribution de sécurité immobilière représente 0,10 % du prix, soit environ 300 €.

Les émoluments du notaire, barème par tranches, atteignent environ 2 600 € hors taxe sur ce montant, soit environ 3 120 € TTC après TVA à 20 %.

Les débours et frais annexes se situent autour de 800 €.

Le total des frais d''acquisition ressort donc autour de 6 000 à 7 500 € selon le dossier, soit environ 2 à 2,5 % du prix. Comptez plutôt le haut de la fourchette si le dossier comporte un état descriptif de division complexe ou plusieurs lots annexes.

Pour comparaison, le même bien acheté dans l''ancien à 300 000 € générerait entre 21 000 et 24 000 € de frais. L''écart avoisine 15 000 €.

La garantie de prêt s''ajoute à ces montants. Sur 250 000 € empruntés, une caution mutuelle coûte souvent entre 2 500 et 3 700 €, dont une partie peut être restituée à l''extinction du prêt. Une hypothèque coûte davantage à la mise en place et se solde par des frais de mainlevée en cas de revente anticipée.

Ce que les frais ne couvrent pas

Trois postes échappent à ce calcul et surprennent souvent.

Les frais de dossier bancaire, entre 500 et 1 500 €, sont négociables.

Le mobilier et les finitions ne sont pas financés par le prêt classique et ne rentrent pas dans les frais d''acte. Prévoyez une enveloppe pour les luminaires, les rangements, parfois les revêtements de sol si vous en changez.

Les frais de copropriété au premier appel, le prorata de taxe foncière et les frais de mise en service des compteurs arrivent au moment de la livraison.

Peut-on réduire ces frais

Marginalement, oui.

Les émoluments du notaire peuvent faire l''objet d''une remise sur la part supérieure à 100 000 € du prix, dans une limite réglementée. Cette remise reste faible et n''est pas systématique.

Vous pouvez aussi distinguer, quand c''est possible et justifié, le prix du logement de celui du mobilier réellement inclus. Cette pratique doit rester sincère et documentée.

En revanche, aucune négociation ne réduit la part fiscale. Elle est calculée par barème.

Ce qu''il faut retenir

Les frais d''acquisition dans le neuf représentent environ 2 à 3 % du prix, contre 7 à 8 % dans l''ancien. Sur un bien à 300 000 €, l''économie approche 15 000 €.

Cette économie doit être remise en perspective : le prix au mètre carré du neuf est plus élevé que celui de l''ancien sur la plupart des marchés. Les frais réduits compensent une partie de cet écart, pas la totalité. Le bon arbitrage se fait sur le coût total, travaux et charges compris, pas sur un seul poste.

Demandez au promoteur ou au notaire un tableau de frais estimatif avant la signature de l''acte. Il vous sera fourni sans difficulté et vous évitera un ajustement de dernière minute sur votre apport.

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